Les blouses blanches ont investi Pontoise

 

Le centre-ville était paralysé hier par des centaines d’agents hospitaliers. Ils dénoncent la suppression de près de 200 postes d’ici à la fin de l’année.

MASQUES sur le visage, stéthoscopes autour du cou, équipées de sifflets et de tambourins, les blouses blanches sont descendues dans la rue pour défendre l’hôpital public de Pontoise. « Houillon du pognon, Roselyne la radine », scandent les manifestants, dénonçant au passage les « petits budgets gardés serrés » de la ministre de la Santé.

Les agents hospitaliers en colère ont largement répondu à l’appel de l’intersyndicale, hier après-midi. Fort de 800 manifestants, selon les syndicats, le cortège s’est étiré des portes de l’hôpital René-Dubos jusqu’aux grilles de l’hôtel de ville de Pontoise. Devant le député-maire (UMP) Philippe Houillon, également président du conseil d’administration de l’hôpital, les agents ont entonné la chanson de Serge Lama, « Je suis malade », détournant les paroles afin d’évoquer la situation financière de leur hôpital et leurs conditions de travail.

« Nous savons qu’il y aura pas loin de 200 suppressions de postes à la fin de l’année, souffle Carole. Il n’y a plus d’évolution, plus de promotion, ils veulent nous prendre nos RTT, cela fait trente-deux ans que je suis dans cet hôpital et je gagne 1 500 € . Nous voulons que la direction ne touche pas aux acquis. » Marie-Christine et Christiane, elles aussi employées depuis plus de trente ans, sont venues pour défendre l’hôpital public : « Aujourd’hui, on nous laisse tomber et en même temps les malades. Tous ont droit aux soins, il faut préserver ce service et offrir les mêmes prestations dans le public que dans le privé. » Hier, les agents avaient tous à l’esprit la fermeture, début septembre, du service de gérance des tutelles de l’hôpital. « Si nous ne réagissons pas, il y en aura d’autres. » Une délégation d’agents a été reçue par Philippe Houillon. « Il nous a précisé qu’il n’était au courant de rien concernant le plan de redressement et la fermeture du service des tutelles mais qu’il a déjà engagé des actions pour tenter de récupérer de l’argent pour commencer à éponger les dettes de l’hôpital, évaluées à 13 millions d’euros », rapporte Yann Le Baron du syndicat autonome, majoritaire à l’hôpital. « Il nous a écoutés et il nous a beaucoup promis, nous attendrons de juger les moyens », conclut Yann Le Baron.

 

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Pontoise : Le personnel de l’hôpital vote la grève

DERRIÈRE sa pile de pétitions, Maryline Bureau exulte. « Il y a des infirmières, des agents administratifs, des secrétaires médicales… et même des cadres ! C’est bien la preuve que tout le monde en a marre. » Hier, le syndicat Autonome, majoritaire à l’hôpital René-Dubos de Pontoise, a organisé deux assemblées générales.

Au total, plusieurs centaines de salariés sont venus dire leur « inquiétude » sur « le devenir du centre hospitalier et son management ».« Tout le monde demandait de l’action. On va organiser une manifestation », annonce la représentante du syndicat. Le 25 septembre, au cours d’une grève de trois heures, le personnel marchera donc jusqu’aux fenêtres de Philippe Houillon, le député-maire (UMP) de Pontoise.

« Tout le monde en a marre »

« Il est président du conseil d’administration, donc les grandes orientations de l’hôpital, ça le regarde, prévient Maryline Bureau. Il faut que le directeur cesse d’ignorer les partenaires sociaux, de prendre ses décisions seul. On veut travailler avec lui. » C’est la dernière mesure préconisée par le directeur qui a mis le feu aux poudres dans une situation déjà explosive : « Pour sauver l’hôpital, on nous demande d’abandonner nos RTT », fulmine la syndicaliste. Le sacrifice de trop pour des agents « épuisés », qui insistent tous sur le sous-effectif.

« On fait des heures en plus tous les jours, témoigne une auxiliaire de puériculture. On nous rappelle pendant les repos, on nous décale nos vacances… » A la maternité, l’accueil des patientes devient de plus en plus difficile : « La nuit, on est deux une infirmière et une sage-femme pour huit salles d’accouchement, alerte Mara, infirmière. C’est l’usine. On se donne à fond pour les patients, mais il faut prendre en charge la femme, son bébé, sa famille, le ménage… Sans parler des accouchements qui se passent mal, ou des interruptions de grossesse. » Secrétaire médicale en orthopédie, Dominique garde un souvenir amer des mois d’été : « J’étais toute seule dans le service au lieu de cinq secrétaires habituellement. Et on n’a fermé aucun lit ! Alors que certaines tâches demandent de la concentration, comme la rédaction des comptes rendus opératoires. » Avec leur manifestation du 25, les soignants pontoisiens espèrent bien entraîner une mobilisation d’ampleur : « On peut tous aller gagner du fric ailleurs, mais on a la fibre du service public, résume Yann Le Baron, infirmier en réanimation. A l’hôpital, un malade du cancer attend des jours pour un rendez-vous, alors que dans le privé, il est pris en vingt-quatre heures. Pourquoi ? On est mieux auprès de nos patients. Alors si on bouge, c’est qu’il y a urgence. »

source : www.LeParisien.fr

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