Déclaration de Francis WURTZ, Président du groupe GUE/NGL en réponse au Président Sarkozy – Strasbourg le 10/7/2008,

 

Monsieur le Président,

Je vais concentrer mon intervention sur une double caractéristique de cette présidence française, à savoir son incontestable point fort et son trop évident point faible.

Son point fort, par rapport aux habituels ténors de l’Union, c’est qu’elle ne dit pas que l’Europe va bien et qu’elle doit continuer ainsi, quand de plus en plus d’Européens pensent qu’elle va mal et que les choses doivent changer. Fort bien.

Mais après ? C’est là que le bât blesse. Quelles conclusions tirez-vous, Monsieur le Président, de cette apparente lucidité sur la crise de légitimité que subit aujourd’hui l’Union, en particulier son modèle économique et son mode de fonctionnement ?

Vous affirmez vouloir comprendre et respecter le malaise des Européens vis à vis de l’Union. Mais vous faites pression sur le peuple irlandais pour l’amener à se dédire, alors qu’il n’a fait qu’exprimer tout haut, après les Français et les Néerlandais, ce que des millions d’autres Européens ont sur le cœur !

Vous critiquez avec raison la façon dont la BCE gère l’euro depuis sa tour d’ivoire. Mais vous ne préconisez jamais de revoir les statuts qui lui octroient cette toute puissance et même lui fixent cette mission !

Vous affirmez, au sujet de l’immigration, vouloir, « servir les valeurs qui sont les nôtres », mais vous avez appuyé la directive de la honte, condamnée par la Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, par toutes organisations des droits de l’Homme comme par les Eglises européennes, précisément parce qu’elle viole des valeurs humaines essentielles.

Vous évacuez la question sociale – qui doit, selon vous, rester du seul ressort des Etats. Mais vous ne dites mot de la Cour européenne de Justice qui rend arrêt sur arrêt mettant en concurrence les modèles sociaux au sein même de l’Union. Au demeurant en se fondant sur les articles 43 et 49 du traité.

Vous dites que vous n’avez pas aimé l’image du « plombier polonais ». Moi non plus ! C’est une formule lancée par la droite populiste et popularisée à la télévision par M. Bolkestein. Je dis « Bienvenue aux travailleurs de tous les pays » à égalité de droits dans tous les domaines. C’est précisément ce que refuse l’actuel droit européen.

Je rappelle que, selon la Commission, en Basse-Saxe, pour un même travailleur, sur un même chantier, un travailleur d’un autre pays membre peut être payé moitié moins que le SMIC qui s’applique à un travailleur allemand.

Savez-vous ce que pense de ces arrêts un homme non suspect de populisme comme John Monks, Secrétaire général de la CES. Il juge ces décisions « considérablement problématiques » car, souligne-t-il, elles affirment « la primauté des libertés économiques sur les droits fondamentaux et le respect du droit du travail. » Que répondez-vous ?

Vous affirmez vouloir construire une « Europe qui protège ». Mais on ne vous entend pas critiquer toutes ces mesures structurelles qui précarisent l’existence des Européens : l’obligation d’ouvrir les entreprises de service public à la concurrence ; les pressions du Pacte de stabilité sur les salaires et les dépenses sociales ainsi que nombre de « lignes directrices » préparées par la Commission et adoptées par le Conseil – que vous appliquez dans votre propre pays avec zèle.

Citons la « ligne directrice » n°2 : réforme des régimes de retraites, de sécurité sociale et de soins de santé. « Ligne directrice » n°5 : flexibilité des marchés du travail. « Ligne directrice » n°13 : suppression des obstacles réglementaires, commerciaux et autres qui entravent indûment la concurrence. Et j’en passe.

Le retournement de la position de la France – et de l’Italie -, vient même de permettre au Conseil d’aller au-delà des obligations qu’il s’était fixées en se mettant d’accord sur un projet de directive autorisant la semaine de 65 heures ! C’est Dickens sacré nouveau « père de l’Europe ! »

Un dernier mot, Monsieur le Président : vous avez, ce weekend, devant vos invités européens – le Président du Parlement et celui de la Commission – et face à 2000 cadres de la droite française, conclu votre discours par une formule interprétée par la totalité du mouvement syndical comme une provocation – au demeurant fort imprudente – en affirmant que « désormais, quand il y a une grève, les Français ne s’en aperçoivent même plus ».

Le lendemain de ce haut fait, votre ministre de l’éducation nationale expliquait que c’était là « une manière de rassurer nos partenaires (européens) en présence des plus éminents d’entre eux. » Eh bien, si pour rassurer les dirigeants européens, il faut à présent insulter les syndicats, c’est qu’il est décidément urgent de changer l’Europe ! Mais pour de bon.

source www.pcf.fr



Déclaration du PCF sur la fusion GDF/SUEZ

 

Les étapes préalables au vote de la fusion par les actionnaires des deux sociétés ont désormais été franchies. Gaz de France et Suez sont aujourd’hui prêts pour soumettre à leurs actionnaires leur projet de fusion qui donnera naissance à une entreprise nommée GDF Suez. Le 16 juillet prochain les assemblées générales des actionnaires des deux entreprises devront voter la fusion et le 22 juillet ce nouveau groupe énergétique sera côté en bourse.

Le PCF considère que rien ne justifie ce mariage au regard de l’intérêt de la France, des usagers et des entreprises, ni au regard d’une politique énergétique européenne profitable à tous. Au contraire elle porte des risques graves. Cette fusion permet aux actionnaires privés de mettre la main sur un fleuron industriel public pour le mettre au service de la satisfaction des exigences de rentabilité financière et non pas pour répondre aux défis de sécurité d’approvisionnement de notre pays, dépourvu de ressources gazières. Cette fusion ouvre la voie à la privatisation de l’exploitation du nucléaire dans notre pays et de l’amplification de la « guerre économique » avec EDF !

La libéralisation/privatisation du secteur énergétique, enclenchée depuis 2000, génère pour l’ensemble des usagers domestiques et industriels une hausse substantielle de la facture énergétique provoquée certes, en partie, par l’augmentation des coûts d’approvisionnement mais aussi par la volonté politique d’aligner les tarifs administrés gaz sur les prix du marché et par la hausse importante des dividendes versés aux actionnaires. La nouvelle demande d’augmentation des tarifs du gaz de 9,5%, demandée par Gaz de France et repoussée pour le moment par le gouvernement, s’inscrit dans cette logique qui vise à rendre la mariée la plus belle possible, pour les actionnaires, dans la perspective d’un mariage annoncé.

Cette fusion qui oblige ce nouveau groupe à se délester d’un certain nombre d’actifs industriels, au nom de la « concurrence libre et non faussée », installe l’Europe de l’énergie dans une nouvelle période d’incertitude alors que les enjeux et les défis à relever nécessitent de la stabilité industrielle pour procéder aux investissements nécessaires et donner confiance aux entreprises de cette filière industrielle. Le dépeçage de Suez, avec la sortie du pôle environnement de ce nouveau groupe, pour permettre de réaliser cette fusion à parité, montre que les répercussions économiques et sociales dépassent largement le seul secteur de l’énergie. Cette fusion, contrairement aux discours se voulant rassurant des patrons, va avoir de graves répercussions sociales avec une pression accrue sur l’emploi dans le cadre d’une recherche de synergie industrielle et de mutualisation des compétences.

Le PCF considère que d’autres choix sont possibles et nécessaires. Le PCF se prononce pour une politique énergétique européenne ambitieuse. Il réaffirme son attachement à un puissant secteur public de l’énergie, et à son développement. Il avance des propositions, en appui sur les réalités, que la France devrait défendre notamment à l’occasion de la présidence de l’Europe.

Pour le PCF il faut passer d’une Europe de la concurrence à une Europe de l’énergie.

Dans ce sens il avance 5 propositions :

Concernant la politique européenne :

- Appliquer le principe de subsidiarité aux questions d’organisation. Chaque pays pourrait dès lors, en toute indépendance, s’organiser comme il le souhaite notamment en ayant la possibilité de sortir des contraintes imposées relatives à la concurrence, pourvu que les orientations européennes, les finalités, définies par les chefs d’Etat et le parlement européen, constituent le fil rouge des actions entreprises. En quelques sortes, construire l’Europe, non pas à partir des moyens (concurrence), mais à partir des finalités et des objectifs économiques et sociaux à atteindre.

- Mettre en place au niveau Européen une centrale unique d’achat gaz commune à l’ensemble des pays permettant ainsi de disposer des moyens politiques nécessaires pour négocier avec les pays producteurs de gaz et leurs entreprises d’Etat. Cette centrale d’achat constituerait la première pierre à la construction d’une agence Européenne de l’énergie permettant de dépasser la concurrence pour favoriser les coopérations industrielles.

- Engager la négociation pour une nouvelle directive énergie qui tire les enseignements et procède à une évaluation sérieuse, des politiques de privatisation et de déréglementation de ces dernières années, pour ouvrir de nouvelles voies permettant de répondre aux défis écologiques, sociaux et économiques.

Concernant le nouveau groupe Gdf Suez :

- Définir le contenu du contrat de service public qui liera l’Etat et le nouveau groupe GDF SUEZ sur la base d’obligations et d’engagements correspondant aux besoins des usagers et des entreprises. Le PCF demande que soit engagée sans attendre les consultations dans ce sens avec l’Etat, les élus, les organisations syndicales, les associations de consommateur.

- Octroyer aux salariés, du nouveau groupe, des droits nouveaux, leur permettant de disposer de pouvoirs réels pour peser sur les choix stratégiques et industriels de cette nouvelle entreprise.

Le PCF demande la mise en place au niveau national d’une commission pluraliste pour la transparence des tarifs. Le PCF accorde tout son soutien aux organisations syndicales engagées dans un bras de fer avec les directions sur l’emploi, la nature du projet industriel et le champ sur lequel s’appliquera le statut des IEG. L’énergie est une des priorités de la présidence française. Le PCF entend mettre à profit cette échéance pour faire grandir le débat et contribuer à toutes les convergences d’action possible sur cet enjeu majeur pour la France et pour l’Europe.

Le PCF appelle l’ensemble des citoyens de ce pays à appréhender les enjeux énergétique et à s’approprier les questions politiques qui se posent dans le cadre de la fusion GDF suez.

plus d’info sur www.pcf.fr



Communistes N° 315 – 9 juillet 2008

 

Edito : Dans quelle société voulons-nous vivre ?

Nicolas Sarkozy continue à vouloir passer en force des réformes extrêmement graves : protection sociale, désagrégation totale du droit au travail, 35 heures, fermetures des services publics, immigration « choisie », baisse drastique du pouvoir d’achat…

À télécharger

Les résistances touchent toutes les catégories, elles parviennent à marquer des points, malgré un contexte où fatalisme et résignation dominent. Ainsi, le gouvernement a dû reculer sur la remise en cause des prises en charge à 100 % des maladies de longue durée.

Comment poursuivre ces résistances, les amplifier, tenter de les fédérer, pour les rendre plus efficaces ? Le manque de perspective à gauche assombrit l’horizon. Dans quelle société voulonsnous vivre, voulons-nous que vivent nos enfants ? Une société solidaire ou ségrégative ? Une société de pleine égalité ou discriminatoire  ? Une société ultralibérale ou sociale ? Une société marquée par les inégalités ou le développement humain ?

Notre congrès devrait nous aider à sortir de nos doutes, de nos atermoiements ! Commençons à élargir le cercle des militant-es qui le prépare. Lançons en grand des cahiers de contributions qui pourraient s’écrire à plusieurs mains dans toutes nos instances. Cela nous donnerait une superbe bouffée d’oxygène.

Parallèlement, faisons résonner cet été d’actions multiples dans les quartiers, les entreprises avec la pétition nationale, jumelée à la vente de la vignette pour la Fête de l’Humanité.

Prenons appui sur ce que nous venons de vivre durant la campagne électorale des municipales et des cantonales pour travailler à des rassemblements capables de gagner. Rien n’est jamais écrit d’avance, les chefs d’Etat européens considéraient la ratification du traité de Lisbonne comme une formalité, le « NON » irlandais en a décidé autrement !

 source : pcf.fr



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